Si pendant un temps le programme Erasmus a paru en perte de vitesse, le nombre d’étudiants désireux de bénéficier du programme augmente d’environ 10% chaque année en Europe. En ce qui concerne la France, selon un rapport de l’Agence Europe Education Formation France sur l’année universitaire 2007-2008, pas moins de 22 550 étudiants sont partis suivre une année universitaire à l’étranger dont 15 % pour y effectuer un stage. Les chiffres provisoires pour l’année 2008-2009 montrent une augmentation de plus de 6% de ces chiffres. Petit guide pratique pour vous donner les clés pour partir.
Des étudiants pas si déboussolés que ça…
Premier grand programme européen, Erasmus favorise les actions de mobilité en Europe pour les étudiants, le personnel enseignant, ainsi que l’ensemble des personnels des établissements d’enseignement supérieur. Une mobilité qui s’avère plutôt rigide, tant les destinations privilégiées manquent d’exotisme.
Le temps où les étudiants français préféreront l’Orient-Express à l’Eurostar comme moyen de transport pour partir faire leur semestre d’études à l’étranger n’est pas encore arrivé. Car ils affectionnent toujours autant les pays limitrophes que sont l’Espagne (voir tableau), l’Italie, le Royaume- Uni et l’Allemagne, qui forment, depuis de nombreuses années, le carré de tête des destinations choisies. A l’Est donc, rien de nouveau…
Fondé sur la transparence et la reconnaissance mutuelle entre les établissements d’enseignement supérieur de la qualité des enseignements et des compétences des professeurs qui les dispensent, Erasmus ne parvient pas à s’enraciner sur les sols gelés des fjords et les cimes enneigées des Carpates. Malgré la disparition des barrières et des frontières, l’Europe de l’enseignement supérieur n’est pas un espace constellé d’universités influentes, mais plutôt un vaste terrain vague fait de quelques places fortes. Rappelons tout de même qu’à bourse équivalente, le niveau de vie d’un étudiant sera bien meilleur à Budapest ou Ljubljana, qu’à Londres ou Madrid.
DES ÉTUDIANTS FRILEUX…
Erasmus est, depuis sa création en 1987, le programmed’échange qui a permis à plus d’un million et demi de jeunes Européens (dont 250 000 Français), d’aller étudier dans un autre pays européen. Disposant d’un budget croissant, il s’étend progressivement : 679 établissements d’e seignement supérieur en France sont adhérents de la Charte universitaire Erasmus. Néanmoins, chaque année, le quota de places disponibles n’est jamais atteint. Ainsi, en 2009, l’université de Paris IIICensier disposait de 545 places pour les sortants. Résultat, seulement 202 ont été pourvues…
Fâcheuse tendance qui se vérifie à peu près partout en France. Et quand les étudiants partent, dans les services de relations internationales des universités, on déplore leur « manque de témérité », le fait qu’ils ne choisissent que trop rarement le dépaysement, en optant trop souvent pour des pays familiers comme l’Espagne, l’Italie ou l’Allemagne. C’est un fait. On peut le voir comme un signe de manque d’ouverture, ou d’audace. Ou comme du pragmatisme : on choisit le Royaume-Uni pour perfectionner son anglais, on part en Espagne parce qu’on aime le soleil et la sangria, et en Italie si l’on est féru d’art. La coutume a force de loi… Une loi d’airain, tant les échanges Erasmus restent, en France, transfrontaliers. Les pays d’Europe du Nord et d’Europe de l’Est sont constamment snobés.
FUITE DE CERVEAUX DANS LES PECO
Autre tendance à ne pas négliger, beaucoup d’étudiants, principalement originaires des pays d’Europe Centrale et Orientale (PECO), choisissent, s’ils en ont l’opportunité une fois leurs semestres Erasmus achevés, de prolonger leur séjour à l’Ouest, voire de s’y installer durablement. Cela se vérifie également avec les étudiants venus d’Asie par le biais des échanges internationaux.
Ce changement de statut n’est possible que si l’étudiant, après une année brillante, parvient à être sélectionné par l’UFR « d’accueil » pour continuer l’année suivante. Très souvent, pour eux, il n’est donc plus question de retourner étudier ou faire carrière dans leur pays d’origine. Ainsi, chaque année, les universités de France et des pays d’Europe occidentale conservent dans leurs murs la « crème » des étudiants originaires des pays de l’ex-bloc de l’Est et d’Extrême-Orient, qui viennent apporter leurs différences et leurs expériences, pour le plus grand bonheur des recruteurs.
Un sésame pour le futur
Il existe des tests internationalement reconnus qui mesurent votre niveau d’anglais. Il s’agit de questionnaires à choix multiples, les deux plus répandus sont : le TOEFL et le TOEIC.

Palmarès des 20 universités les plus demandées par les étudiants eropéens
Le TOEIC est plutôt utilisé au sein des entreprises, c’est un test plus professionnel alors que le TOEFL est plus approprié pour les étudiants désireux d’effectuer une partie de leurs études à l’étranger. Ce dernier couvre une plus vaste variété de vocabulaire et est un peu plus complexe. Il existe plusieurs supports de TOEFL, à savoir la version papier, la version ordinateur et la version internet.
TOIEC ET TOEFL : PASSEPORTS POUR LES ÉTUDES
La différence entre ces tests est leur système de notation mais en aucun cas leur format ou leur valeur. Ces tests sont divisés en quatre partie : compréhension écrite et orale et expression écrite et orale, cependant le TOEFL est sensiblement plus long que le TOEIC, il s’étend sur quatre heures tandis que le test plus professionnel dure trois heures. Il est aussi plus complexe et donc plus onéreux : comptez 95€ pour passer le TOEIC contre 155 € pour le TOEFL. Un score minimal de 90 points (sur 120) au TOEFL est requis dans la plupart des universités anglophones, et un total de 750 points (sur 990) sera exigé par les écoles de commerce ou d’ingénieurs pour l’obtention du diplôme. Ces deux tests sont de véritables passeports pour l’étranger, aussi bien sur le marché du travail que dans les universités. Il est bon de savoir que de nombreuses universités canadiennes, anglaises ou encore américaines, non seulement reconnaissent mais exigent le TOEFL pour l’admission des étudiants étrangers.
Témoignage d’un étudiant Erasmus à Paris
La vie de l’étudiant Erasmus qui arrive à Paris n’est pas si facile ! Il y a plusieurs obstacles à dépasser, le logement, la bureaucratie de la fac et de l’Etat ou encore l’ouverture d’un compte en banque.
En France, sans compte en banque on ne peut rien faire, sans maîtriser parfaitement le français . Cela semble normal, mais la langue est un obstacle majeur pour un étranger. De plus, les affaires les plus importantes doivent être réglées au début de l’année, quand le niveau de français d’un étudiant est encore balbutiant.
LE LOGEMENT, GROSSE GALÈRE
La France offre cependant beaucoup d’aides et de garanties. L’aide de la CAF est indispensable pour les loyers qui sont très chers. Le niveau du loyer est en effet l’une des plus mauvaise surprise pour un étudiant Erasmus. La recherche également est kafkaïenne. On cherche partout, on va tous les jours à l’église Américaine, on achète « De particulier à particulier » le jeudi, on regarde dix fois pas jour sur pap.fr et on trouve plus ou moins les mêmes choses : des studios grands comme des alvéoles, parfois sales aussi, avec un prix qui descend rarement en dessous de 500 euros.
Ensuite il y a toutes les garanties à apporter aux propriétaires qui mettent leur nez dans toute notre vie. Internet est fondamental dans cette période de recherche et pour prendre un réseau wifi on va tous les jours à Mac-Do. On en devient vite dépendant. Pauvre de notre santé !
LA LIBERTÉ, ENFIN !
Une fois le logement trouvé, la vie commence. Je pense qu’Erasmus est fait pour que les mecs deviennent de parfaites femmes de ménage et les filles de parfaites plombières. Par contre on apprend à mieux gérer sa propre liberté, sans les parents on peut faire ce qu’on veut mais on s’aperçoit que c’est impossible pour l’organisme de faire la fête six soirs par semaine. Donc il faut se limiter à cinq.
Et la fac ? Comme on est Erasmus la vie scolaire est plus facile, les Erasmus sont une catégorie à part, une espèce différente qui habite la fac à coté des « natifs ». Cependant le risque d’être marginalisé est important. Il faut faire des connaissances avec des français, c’est plus difficile, surtout à cause de la langue. Et les français ne feront que rarement le premier pas. Entre les Erasmus il y a plus de solidarité et c’est plus facile de faire des rencontres.
Erasmus est une expérience enrichissante. Je la conseille à tout le monde. Elle est amusante et elle donne la possibilité de comprendre beaucoup de choses parce qu’on peut regarder la vie qu’on a passée au pays avec plus de recul, chose impossible jusqu’alors. Expérience constructive et amusante : c’est ma définition d’Erasmus.





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